Elle souhaiterai rencontrer Morphée ...

 

22 heures, il était temps. Sa routine du soir avait été faite. Elle avait lu quelques chapitres d’un livre, fermé la porte de la salle de bain, était allée aux toilettes (deux fois en moins de cinq minutes, pour être certaine de ne plus se lever), elle avait vérifié que son réveil était activé, deux fois également, sait-on jamais et son téléphone était en mode “avion” pour ne pas être dérangée la nuit. Il était temps désormais. Lentement et après avoir baillé une nouvelle fois, elle alluma Morphée, son aide pour dormir. En ce moment, elle faisait de la cohérence cardiaque et certains jours, ça fonctionnait vraiment. Elle ferma les yeux et suivit le mouvement du son pour respirer paisiblement. Après la séance de 20 minutes proposée par son outil, ses yeux étaient toujours fermés, sa fatigue plus intense. Elle ne souhaitait qu’une chose : dormir.

Son corps était épuisé et réclamait son temps de repos mais une fois de plus, ses pensées en décidèrent autrement. Son cerveau lui refusa une fois de plus de prendre une pause. C’est alors que commença le va et vient qui allait l’empêcher de reprendre des forces.

“Ai-je bien fermé la porte d’entrée ?” Elle eut un doute si fort qu’elle retourna vérifier, deux fois, après quoi elle se rallonge, prête et sûre d’elle. “Mince, j’ai à nouveau envie d’aller aux toilettes, du moins, j’ai l’impression, mais je vais tenir”. Son esprit décida qu’elle n’était actuellement plus dans la possibilité de penser à autre chose que se rendre aux cabinets. Elle y alla et une fois de plus, se recoucha. “J’aurai dû lui répondre ça, à ce moment-là !”. Nouvelle pensée. Désormais, son cerveau venait de prendre la décision de se remémorer de nombreuses situations qui avaient pu se produire non pas le jour-même, ni même pendant la semaine qui venait de s’écouler, mais bien des instants qui avaient eu lieu il y a de nombreuses années. Revivre les situations la faisait réfléchir. “Et-si j’avais répondu ceci ou bien cela ? La personne se souvient-elle de ce qu'il s'est passé ? Que pense-t-elle de moi ici ? Aurai-je dû lui répondre autrement ? Non, de toute façon, c’est du passé !” . Un va et vient incessant de questionnement qui resterait de toute façon sans réponse.

Elle prit alors une grande inspiration et essaya à nouveau de se focaliser sur sa respiration afin de réduire ses pensées et le stress que cela engendrait. Seulement, à nouveau, son cerveau refusait catégoriquement de se détendre. “Est-ce que j’ai bien terminé ça pour demain ? Mince, je devais faire ça mais j’ai encore oublié ? Pourquoi est-ce que j'oublie toujours tout durant la journée et ne m’en souviens que le soir ? Et pourquoi est-ce que je me sens vide ? Pourquoi je me sens différente ? Tiens, mes chats ne sont pas avec moi dans le lit. Bon, demain, je vais devoir faire ça et le dire de cette manière. Mais si ce n’est pas la bonne façon de le dire ? Peut-être que je devrais le dire autrement ? Non, ça ira très bien. Demain est un autre jour, tu peux le faire. Mais il faut dormir, le temps passe. Mais pourquoi je suis fatiguée tout le temps ? Bon, cette fois-ci, je vais réussir à m’endormir, vraiment. Purée, il est déjà plus d’une heure du matin, je me lève à 6 heures je n’aurai jamais assez de sommeil. Bon, tant pis, ça va le faire, je dormirai bien au moins demain soir.”

Finalement, elle ne s’endormit que vers 2 heures trente du matin puis se réveilla dans sa nuit, deux fois. Une fois n’est pas coutume, la fatigue la submergea le lendemain et elle décida de ne pas faire de sport car elle n’en avait pas l’énergie. Elle rentra chez elle le lendemain et une fois de plus, la première chose qu’elle fit, c’est de s’allonger Aucun courage pour faire une quelconque activité. Pourtant, elle avait tant d’idées et d’envies mais elle se sentait complètement vidée comme si son énergie avait été aspirée. Là, allongée, son cerveau la fit culpabiliser. Elle se devait d’être productive, elle se devait d’en faire plus, elle se devait de faire mieux.

22 heures. Sa routine du soir avait été faite et une fois de plus, Morphée ne vint pas.

La vie réelle !

 

Le temps passe mais je ne cesse jamais d’écrire. On peut écrire de tant de façons différentes. Dans un sens, nous sommes en permanence dans l’écriture. Nous écrivons parfois des textes avec des mots, parfois nous écrivons des images avec des photos ou des vidéos. En y réfléchissant bien, nous écrivons notre histoire. Chaque année, chaque jour, chaque heure et chaque seconde qui défilent est finalement une sorte d’écriture.

J’ai par moment besoin de faire des pauses plus ou moins longues lorsque j’écris grâce à l’utilisation des mots. Néanmoins mettre des mots sur des maux ou sur des pensées quelles qu’elles soient reste important à mes yeux.

Je me suis posée la question de mes pauses. Pourquoi ? Comment-se fait-il que j’en ressente le besoin ? Et pourquoi ce besoin était-il de plus en plus fréquent ? J’ai toujours eu beaucoup de choses qui me traversaient l’esprit. Je me remets en cause, et cela, bien trop souvent. Je suis en recherche constante d’évolution, d’amélioration. Seulement, cette recherche ou plutôt devrais-je dire ces recherches car finalement, il y en a plusieurs, se confrontent à la réalité de la vie, au monde dans lequel nous vivons.

Ce monde dans lequel nous sommes, je ne le comprends pas toujours. Je suis même certaine que dans bien des situations, lui non plus ne me comprends pas. J’ai cherché à être bien des personnes, à être ce que l’on attendait de moi ou du moins, ce que je pensais que les autres attendaient de moi. J’ai peur du regard des autres. Aujourd’hui encore, je cherche sans cesse ma place. Une partie de moi a compris ce monde mais une autre semble venir d’une planète si lointaine et différente. Une planète unique.

Accepter cette planète unique est un long travail. Nous sommes tous différents et tous les mêmes à la fois. C’est là toute la complexité de l’être humain. Réussir à trouver sa place lorsque nous nous sentons bien plus différents que les autres est quelque chose de spécial. J’ai souvent eu des difficultés et cela m’arrive encore, de devoir expliquer aux autres des choses que je ressentais (ou que je faisais) que moi-même je ne comprenais pas.

Je ne pense pas comme tout le monde. Je le sais depuis bien longtemps mais à force de vouloir paramétrer mon cerveau pour faire comme tout le monde, je me suis perdue. Ces dernières années, je me suis peu à peu retrouvée. Le chemin est loin, très loin d’être terminé mais il s’ouvre au fur et à mesure devant moi.

J’ai envie d’écrire, de partager. Seulement, je ne veux plus partager ce que j’imagine que les autres souhaitent voir. J’ai envie de partager mon quotidien et ma vie réelle. Mes forces, mais également mes faiblesses. J’ai envie de partager mon vrai “moi”, avec mes zones d’ombres et de lumières car non, tout n’est pas toujours parfait dans la vie. J’ai envie de partager mes découvertes, mes activités et bien d’autres choses encore. Je ne veux pas parler d’une seule chose en particulier mais plutôt de pleins de choses. Par moment, certains points vous sembleront futiles alors que pour moi, ils seront d’une importance capitale.

Dans ma tête, tout va toujours à mille à l’heure. Il se peut d’ailleurs que mes écrits passent du coq à l’âne en une fraction de seconde. N’en soyez pas surpris. Je m’y suis habituée et en un sens, c’est ce qui me définit. Si vous me suiviez avant, je suis ravie de vous revoir. Et si vous débarquez par hasard ici, je vous souhaite la bienvenue.

Je m’appelle Meryl et voici des moments de ma vie.